Dans le journal

Le philosophe et le ruisseau qui lui donna son nom

Zhou Dunyi a écrit le diagramme qui fonda le néo-confucianisme, et son xian natal de Dao se nomme encore d'après le ruisseau Lian qu'il prit pour titre. Né ici en 1017, il a donné au sous-district, à l'académie et à la place du xian le nom Lianxi qu'ils portent aujourd'hui.

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L’homme et le livre

Zhou Dunyi (周敦颐), né en 1017 et mort en 1073, fut un cosmologiste et philosophe de la dynastie Song, et ses deux courts livres, le Taiji Tushuo (太极图说) et le Tongshu (通书), ont posé le fondement théorique du néo-confucianisme. Son Explication du diagramme du Faîte suprême fusionnait l’éthique confucéenne avec les idées du Livre des mutations et le naturalisme taoïste, et soutenait que la multiplicité est finalement une et que l’un est ultime : une métaphysique où le taiji, le grand faîte, et le wuji, le sans-limite, se tiennent ensemble, et dont le mouvement engendre le yin, le yang et les cinq phases. L’œuvre fut placée par Zhu Xi (朱熹) en tête de l’anthologie néo-confucéenne Jinsilu (近思录), qui fit de Zhou Dunyi le premier grand sage des Song. Zhou lui-même occupa toute sa vie de modestes charges, de gardien d’archives à magistrat et superviseur préfectoral, sans jamais s’élever, mais le diagramme qu’il traça survécut à sa carrière et devint la semence de l’école Cheng-Zhu, qui domina la pensée chinoise pendant sept cents ans.

La ville natale qui prit son nom

Zhou Dunyi est né dans le xian de Yingdao, préfecture de Daozhou, sur le territoire de l’actuel xian de Dao (道县), à Yongzhou, et c’est son xian natal qui garde son nom. Il prit le titre de Lianxi, le ruisseau Lian, à la retraite, pour honorer le cours d’eau proche de sa maison, et après sa mort on l’appela couramment Zhou Lianxi : l’homme et le nom de lieu ne firent plus qu’un. Dans le xian de Dao, le nom s’est répandu dans le paysage : un sous-district Lianxi, une académie Lianxi et une place Lianxi le portent, et son mémorial natal, avec son hall, son académie et sa place, se dresse au village de Loutian (楼田), au bourg de Qingtang (清塘), sur le versant est du mont Dao (道山). La revendication du xian est directe : le philosophe y est né, et le ruisseau qui lui donna son nom traverse le lieu qui le reprend aujourd’hui, un village et un xian qui ont fait leur le titre de l’homme.

La philosophie comme identité locale

Le xian de Dao garde aujourd’hui Zhou Dunyi comme une identité autant qu’un souvenir. L’ensemble mémorial du village de Loutian réunit un hall, une académie et une place autour de son nom, et le sous-district Lianxi le porte dans l’administration du xian : la philosophie est donc inscrite dans les noms de lieux de la région. Ailleurs en Chine, d’autres lieux le revendiquent aussi, car le nom de Lianxi et ses académies se sont répandus bien au-delà du Hunan, au Jiangxi, au Guangdong et ailleurs, chacun tenant son académie ou son mémorial, et les frères Cheng comme Zhu Xi portèrent sa pensée au-dehors. Mais la revendication natale est celle du xian de Dao : le philosophe y est né, et le ruisseau qui lui donna son nom y coule. Ce que le xian présente aujourd’hui, c’est cette revendication, un homme retenu moins pour ses petites charges que pour le diagramme qui fonda une école de pensée, et une ville natale qui a fait de la philosophie son nom.

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