La rue Wumiao Qianjie, la rue devant le temple du Dieu de la guerre, court sur plus de sept cents mètres à travers le vieux centre de Shengfang. À son extrémité sud se dresse un portique commémoratif, d'un ornement sculpté dense, aux avant-toits relevés sur des jeux de consoles. Il y a un siècle, un temple de Guan Yu, le général divinisé, se tenait dans la même rue, le temple au sud et le portique au nord. Le portique actuel a été reconstruit d'après de vieilles photographies : sa sculpture reproduit donc un bâtiment qui ne survit par ailleurs que sous forme d'image.
À l'est du portique se trouve le pavillon Wenchang, aussi appelé Kuixing Lou, la tour du dieu de la littérature. Il fut bâti pour la première fois en 1519, quatorzième année du règne de Zhengde sous les Ming, et s'élève sur trois niveaux jusqu'à trente-trois chi, un peu plus de dix mètres.
À l'autre bout, là où la rue rejoint la rue Zhongshan, se dressent deux bâtiments d'un autre genre. L'un est le vieux théâtre, Jiucheng Lou, élevé d'abord sous Qianlong, tourné vers le sud et faisant face au nord le long de la rue. L'autre est l'enceinte de la famille Wang, commencée en 1880, sixième année du règne de Guangxu. Ses pièces mettent un ornement byzantin à côté de toits chinois à pignon et croupe et de détails que les sources disent africains. Rien dans les archives n'explique ce mélange ; la maison se contente de le porter.
Ces trois-là sont ce que la ville appelle ses trésors : théâtre, portique, pavillon. Il s'agit respectivement d'une scène, d'un portique commémoratif et d'une tour du savoir.


