Dans le journal

Manuscrits de Mogao : une ville en plusieurs écritures

Les documents de la grotte 17 évoquent les vies de l’école, du monastère, des familles et de l’administration à Dunhuang.

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Une archive qui ne contient pas que des sutras

La grotte 17 est souvent appelée grotte de la Bibliothèque, mais ses contenus dépassent largement ceux d’une bibliothèque moderne. Aux manuscrits bouddhiques s’ajoutaient peintures, textiles et documents religieux ou séculiers. Lettres, contrats et registres administratifs laissent des traces du travail, des relations familiales et de l’administration locale ; réunis, ils forment une archive précieuse.

Frontispice du Sūtra du Diamant daté de 868, British Library, Or.8210/P.2.
Frontispice du Sūtra du Diamant daté de 868, British Library, Or.8210/P.2.

Les langues d’une ville-oasis

La plupart des textes conservés sont en chinois ; de nombreux documents sont en tibétain. On trouve aussi du sanskrit, du khotanais, du ouïghour, du sogdien et d’autres langues ; certains textes en combinent plusieurs. Cette diversité reflète les communautés et les pouvoirs qui ont façonné Dunhuang. Des manuscrits tibétains furent encore copiés après la fin du pouvoir tibétain, signe que traditions linguistiques et savantes ont traversé les changements politiques.

L’exercice d’un élève

Un exemplaire de 943 du Dialogue entre Confucius et Xiang Tuo porte le nom de Zhang Yanbao, élève d’une école de prédication laïque au monastère de la Terre Pure. L’histoire raconte le voyage de Confucius en char et sa rencontre avec l’enfant Xiang Tuo, qui bâtit une ville de sable sur la route. Un récit confucéen apparaît dans une école monastique : les études ne se limitaient pas aux textes religieux.

Paul Pelliot examinant des manuscrits dans la grotte 17 en 1908.
Paul Pelliot examinant des manuscrits dans la grotte 17 en 1908.

Des histoires conçues pour être racontées

Certains bianwen de la grotte 17 alternent prose parlée et vers rythmiques ; ces récits populaires étaient destinés à la narration. Texte, performance et image participaient ensemble à leur déroulement. Ils révèlent qu’à Dunhuang médiéval, en plus des rituels et des classiques, existaient contes publics et divertissements. Le format des documents peut parfois indiquer comment un texte était lu, raconté ou étudié.

Une archive commune dispersée

Au début du XXe siècle, de nombreux objets de la grotte 17 furent répartis dans des collections du monde entier. Aujourd’hui, catalogues et projets numériques permettent de comparer des documents conservés dans différents lieux, de rapprocher des fragments liés et de retrouver des pièces. Écriture, études, administration, foi et voyages dessinent ainsi une image de la vie quotidienne à Dunhuang au Moyen Âge.

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Crédits et droits des photographies
  1. Frontispice du Sūtra du Diamant daté de 868, British Library, Or.8210/P.2.British Library · CC0 1.0 Source de la photo ↗ Informations sur les droits ↗ Orientation normalisée, réduction proportionnelle et conversion WebP ; sans recadrage ni retouche.
  2. Paul Pelliot examinant des manuscrits dans la grotte 17 en 1908.Charles Nouette · Public Domain Mark 1.0 Source de la photo ↗ Informations sur les droits ↗ Orientation normalisée, réduction proportionnelle et conversion WebP ; sans recadrage ni retouche.