Une salle des années 1920 Heming ouvre au milieu des années 1920, quand un marchand du comté de Dayi fait bâtir un pavillon près d'un canal, dans ce qui était alors le parc de Shaocheng. Le nom viendrait d'un rêve de grues blanches rassemblées dans l'étang. L'histoire est une histoire, racontée par le parc lui-même. Ce qui se voit est plus utile : un bâtiment bas, des piliers rouges, un toit de tuiles et un sol réparé bien des fois. En 2012, la ville l'a inscrit parmi ses premiers édifices historiques protégés. C'est toujours une maison de thé, pas un musée de la maison de thé.

Trois pièces, et de l'eau versée Le thé arrive dans un service que le parc appelle les trois pièces : une soucoupe, un bol et un couvercle. Le couvercle retient la chaleur et garde les feuilles ; on peut aussi l'incliner pour signaler que le bol est vide. L'eau venait du Jinjiang, et la maison a un temps parfumé son propre thé avec des fleurs. Les chaises sont en bambou, assez basses pour qu'on s'y adosse au lieu de s'y percher. Un serveur passe entre les rangées avec une bouilloire et remplit les bols sans qu'on le lui demande. Rien dans cette salle ne vous presse de partir.

Une habitude, pas un spectacle La culture des maisons de thé de Chengdu a pris sa forme moderne sous les Qing et n'est jamais devenue un spectacle patrimonial. On y lit, on y parle, on y joue aux cartes, on y mange des graines de tournesol, ou on n'y fait rien. La salle est sociale sans être organisée. C'est pourquoi elle trouve sa place au début d'un voyage au Sichuan : elle installe un rythme. Le thé lui-même se suit vers l'ouest jusqu'à Mengding, et la même soirée sans hâte peut mener au théâtre de l'opéra du Sichuan, où le public fait autant partie de la salle que la scène.