Une crête naturelle court sous le Yangtze à environ un kilomètre en amont de la confluence de la Wu, presque parallèle au chenal et proche de la rive sud. L'eau l'a découpée en trois sections, ouest, centrale et est. La plus grande partie de l'année, elle gît sous le fleuve ; seule la saison des basses eaux, en hiver et au printemps, en fait émerger une partie. Les inscriptions et les images sont toutes sur la section centrale, la plus large et la plus plate, longue d'environ 220 mètres. C'est le tronçon que les visiteurs regardent aujourd'hui à travers le verre, dans une eau qui ne bouge plus.
Dans le journal
Mille ans de niveaux d'eau gravés sur un haut-fond du fleuve
Comment une crête de pierre naturelle du bief de Fulin est devenue une archive hydrologique, et comment elle fut scellée dans une coque de verre sous la retenue.
Dans la même ville · Fulin ↗Le haut-fond de pierre dans le chenal
Poissons, textes et datation d'un fleuve
La plus ancienne image de la crête est une paire de poissons de pierre, dont un seul subsiste ; le plus ancien texte, gravé en 764, notait une eau basse à quatre chi sous les poissons, mais il s'est effacé. Parmi les inscriptions conservées, la plus ancienne est de 971 et la plus récente de 1963, environ 175 en tout, plus de la moitié des Song. Depuis les Tang court un dicton : quand le fleuve baisse et que les poissons de pierre paraissent, l'année sera bonne. Les poissons Tang s'étant brouillés, le préfet Xiao en fit graver une nouvelle paire au-dessus en 1685, et le texte s'épaissit autour des deux ensembles.
Sceller l'archive sous l'eau nouvelle
En 1962, deux employés du musée de Chongqing vinrent à Fulin étudier les inscriptions et remarquèrent leur valeur hydrologique. Leur étude des basses eaux historiques du haut Yangtze parut en 1974, et les soixante-douze années de niveaux qu'elle restituait furent lues comme une station longue de mille ans. Le premier projet de protection in situ, le Palais de cristal, aurait dû retenir une lame d'eau de quarante mètres et fut rejeté. En 2001, l'académicien Ge proposa une coque remplie d'eau de rivière filtrée, pour que la pression intérieure égale la pression extérieure.
L'escalator vers la galerie
Les travaux commencèrent en 2003. Le musée ouvrit en 2009, au public l'année suivante. Les visiteurs voient d'abord une salle d'exposition sur la rive, puis descendent un escalator de 91 mètres jusqu'à une galerie à l'intérieur de la coque, où vingt-trois hublots ronds regardent les gravures à travers une eau immobile. C'est le premier musée sous-marin au monde où l'on voit les vestiges sur place sans plonger. La plupart des inscriptions sont montrées ; quelques-unes furent scellées sous l'eau et ne se visitent pas. L'ensemble est classé monument national en 1988 et inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial en 2008.
