Dans le journal

Peinture, appliqué et beurre : trois façons de raconter Ta’er

Deux expositions séparées de six ans rapprochent peinture murale, appliqué et sculpture sur beurre dans un même cadre culturel, tout en montrant que chaque matériau suit son propre rythme.

Avant-toits peints et décor architectural de Ta’er, photographiés en 2026.
Avant-toits peints et décor architectural de Ta’er, photographiés en 2026.

Un nom pour trois surfaces

Dans les présentations du patrimoine immatériel du Qinghai, peinture murale, appliqué et sculpture sur beurre apparaissent comme trois manières de construire une image. En 2020, une exposition au palais du Prince Gong, à Pékin, les a réunies dans une présentation du patrimoine de la province. Le pigment s’étend sur un mur ; la soie découpée est superposée et cousue en relief ; le beurre est modelé en volume. L’exposition rassemblait objets patrimoniaux et démonstrations de plusieurs secteurs de Xining, permettant de comparer des matériaux habituellement associés à des lieux différents.

Un compte rendu de Huangzhong décrit l’appliqué : la soie colorée est découpée, superposée, fixée et cousue. Les bords du tissu et les coutures restent visibles dans le relief terminé. La peinture murale appartient à une surface architecturale ; la sculpture sur beurre prend forme dans une matière qui doit rester fraîche. Les surfaces orientent le regard de façon différente : l’image peinte se déploie sur le mur, le textile cousu prend du relief et le beurre modelé occupe l’espace de tous côtés.

Des temps de conservation différents

La sculpture sur beurre suit un autre calendrier. Les moines artisans commencent au dixième mois lunaire et refroidissent leurs mains pour éviter que le beurre ne ramollisse. Les œuvres achevées ont été présentées à la fête des Lanternes 2026. Un projet de 2023, soutenu par le département des sciences et technologies du Qinghai, a rassemblé des images d’appliqués dans une bibliothèque numérique et utilisé l’analyse assistée par ordinateur pour aider à concevoir les motifs et à produire les œuvres.

Les matériaux déterminent aussi leur conservation. La peinture murale reste liée au bâtiment ; l’appliqué de soie garde ses coutures et son relief ; la sculpture sur beurre exige le frais de l’atelier à la salle d’exposition. Les « trois arts » forment ainsi un dialogue entre mur, tissu et volume, chaque matière retenant l’image pour une durée différente.

Bâtiments du monastère de Ta’er sur le versant, photographiés en 2016.
Bâtiments du monastère de Ta’er sur le versant, photographiés en 2016.
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Crédits et droits des photographies
  1. Avant-toits peints et décor architectural de Ta’er, photographiés en 2026.Wikiwakhan · CC0 Source de la photo ↗ Informations sur les droits ↗ Redimensionnement proportionnel et conversion en WebP, sans recadrage. Aucun élément ajouté, supprimé ou reconstitué.
  2. Bâtiments du monastère de Ta’er sur le versant, photographiés en 2016.Charlie fong · CC BY-SA 4.0 Source de la photo ↗ Informations sur les droits ↗ Redimensionnement proportionnel et conversion en WebP, sans recadrage. Aucun élément ajouté, supprimé ou reconstitué.