La peinture de la grotte 257, de l’époque des Wei du Nord, raconte le Jātaka du Roi-cerf, une vie antérieure du Bouddha. Le bodhisattva apparaît sous la forme d’un cerf multicolore. Il sauve Devadatta de la noyade et lui demande de garder secret son refuge. L’homme sauvé le promet : la rupture de parole prépare le passage de la compassion à la trahison. Le cadre bouddhique fait du choix du cerf un acte de générosité ; la décision ultérieure de l’homme crée le conflit humain.
Dans le journal
Le Cerf aux neuf couleurs : un récit peint sur un mur
La peinture de la grotte 257 déroule huit épisodes autour de la compassion, d’une promesse trahie et du jugement du roi.
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Le roi apprend l’existence du cerf
Le roi entend parler de l’animal rare et promet une récompense à qui le conduira jusqu’à lui. L’homme rompt sa promesse et guide le roi vers le cerf. Le peintre répète les personnages principaux sur la paroi ; leurs positions successives font passer du sauvetage à la trahison puis à la chasse royale. Une même surface continue peut ainsi contenir plusieurs moments.
Le roi change de décision
Quand le cerf explique comment il a sauvé l’homme, le roi abandonne la chasse. Le récit célèbre compassion et gratitude tout en montrant le prix de la cupidité. Son argument moral prend la forme d’une rencontre : le cerf trahi parle au souverain, et la réponse du roi décide si la chasse continue. Figures et gestes répétés rendent ce choix visible sur le mur.
Huit scènes se rejoignent au centre
La séquence de la grotte 257 compte huit épisodes et progresse depuis ses deux extrémités vers le centre. D’un côté, un homme tombe dans la rivière et le cerf le sauve ; ailleurs, la reine désire l’animal, l’homme révèle son refuge et le roi part chasser. Un corbeau réveille le cerf endormi, qui raconte au roi comment il a sauvé l’ingrat. Les deux directions narratives se rejoignent au moment du jugement. Au-dessus, musiciens célestes et scène de prédication replacent ce drame humain dans l’univers bouddhique de la grotte.
Un récit composé pour la paroi
Les épisodes forment une bande horizontale sur un fond brun rouge, entre musiciens célestes en haut et yakshas en bas. Animaux, personnages, chevaux et chars portent l’action ; quelques bâtiments et éléments de paysage situent les scènes. Cette composition compacte donne du rythme au récit tout en gardant les figures lisibles dans le programme plus vaste de la grotte. Le cerf est l’un des récits qui partagent la salle avec les images de dévotion.

