La rivière contre le mur La Changming passe derrière le mur du mémorial de Li Bai, à Jiangyou, dans le Mianyang. Le site n'est pas l'endroit où Li Bai a vécu ; c'est un mémorial dans la région d'où il venait, et la rivière est la part qui était là avant le bâtiment. Le projet commence en 1962, le mémorial ouvre en 1982 ; il est aujourd'hui classé musée national de deuxième grade et site touristique AAAA. Ces étiquettes décident de son fonctionnement : salles, jardin, billetterie, réserve. Mais la première chose qu'offre le lieu est un arrangement simple d'eau, de mur et d'arbre, et un poète absent. Le bâtiment est moderne, la rivière ne l'est pas, et la différence est le sujet.

Un jardin tang, construit tard Le jardin suit le goût lettré des Tang, et c'est une décision du XXe siècle sur les Tang, non un reste des Tang. Après le séisme de Wenchuan en 2008, le mémorial a été reconstruit et agrandi ; une bonne part des bâtiments est donc plus jeune que la collection qu'ils abritent. C'est la façon honnête de le visiter : comme un jardin fait pour encadrer une œuvre. La reconstruction ne se cache pas. Elle est la condition dans laquelle une petite ville garde publiquement le nom d'un poète. Le jardin fait aussi ce qu'une salle ne peut pas : il donne aux poèmes un chemin où marcher plutôt qu'une étagère où reposer. Il paraît plus vieux qu'il n'est, et c'est exactement ce à quoi sert un jardin de mémorial.

Sept noms Les noms organisent la visite. La salle Taibai l'ouvre comme une préface à la personne. L'étude Taibai prend la vie ; le jardin de poésie garde calligraphies et peintures ; la salle de l'Ancien Style donne l'histoire locale de Jiangyou ; une salle Du Fu réunit les deux poètes tang sous un même toit ; le pavillon du Retour et un couloir de stèles ferment la séquence. Chaque pièce a une tâche unique, et le parcours est court. Ce qui tient l'ensemble est un parti pris : traiter un poète comme un fait local, l'histoire de la ville, sa rivière, ses éditions et ses copies, tout dans un jardin clos. La salle Du Fu est la plus argumentative : les deux poètes ne venaient pas du même lieu, et les réunir est une thèse tardive sur la poésie des Tang.

Ce que garde la collection La collection est la part qui résiste à la reconstruction. Elle compte plus de 10 000 objets et ensembles, dont 456 classés précieux : éditions des poèmes de Li Bai, peintures, et la matière accumulée d'une vie posthume de poète. Un musée de ce genre ne parle pas de mobilier ; il parle de la façon dont un texte voyage. Les éditions diffèrent, les peintures se contredisent, et le jardin dehors donne à la discussion un endroit où s'asseoir. Li Bai n'a jamais habité ces bâtiments. Ce n'est pas un défaut à excuser. C'est le sujet : un lieu peut tenir une personne absente, si la rivière, le jardin et la collection sont assez précis.