Une source du gouvernement de Hainan situe l’essor des rues à arcades dans les années 1920 et 1930, lorsque des familles revenues de l’étranger ont bâti maisons et commerces à Haikou. Les influences chinoises, occidentales et de Nanyang se sont rencontrées dans une même architecture de rue. Il ne s’agit pas d’un style importé puis plaqué sur la ville, mais d’une histoire de déplacements, de retours et d’adaptations. Des familles ayant traversé les routes maritimes ont rapporté des idées visuelles dans ce port tourné vers les échanges. Le qilou est devenu une manière locale de traduire ces liens à l’échelle quotidienne d’un magasin et d’une maison.
Dans le journal
Une rue à l’ombre dans la ville tropicale
Les rues qilou de Haikou prolongent les boutiques en passages couverts, façonnés par les échanges d’outre-mer et le climat tropical.
Dans la même ville · Haikou ↗Une forme architecturale rapportée au pays
La rue sous le bâtiment
Le geste caractéristique de l’arcade est à la fois pratique et visible. Les étages supérieurs avancent au-dessus du trottoir, laissant au niveau de la rue un passage abrité, derrière lequel s’ouvrent les boutiques. Le passant reste à l’ombre tout en regardant la vie commerciale du pâté de maisons. Le débord protège du soleil et les façades ouvertes rapprochent le commerce de la rue. Le qilou est une forme architecturale et un passage actif dans le quartier. On le découvre au rythme de la marche, porte après porte et travée ombragée après travée.
Restaurer sans cacher les boutiques
Les travaux de restauration donnent un présent à la rue ancienne. Après les travaux, commerces, nourriture et activités artisanales occupent de nouveau le bord des rez-de-chaussée ; les portes s’ouvrent directement sur le passage public couvert. Préserver une façade compte, mais une rue doit aussi donner aux gens une raison d’y passer. Les achats et repas du quotidien maintiennent cette architecture lisible comme rue plutôt que comme objet d’exposition.
Lire le pâté de maisons en marchant
D’un bout à l’autre, colonnes, ouvertures et seuils de boutiques se répètent sous les étages. Ce rythme organise l’ombre et la circulation tout en laissant le commerce visible au niveau de la rue. Les bâtiments historiques et les institutions culturelles des environs inscrivent les arcades dans un paysage plus vaste de la vieille ville, où les échanges avec l’outre-mer restent une part de l’histoire urbaine.